
En arrivant aux Etats Unis on peine à croire que la voiture est une invention française tant elle semble avoir été créé par et pour ce pays. Ce qui est certain c’est que la location d’un véhicule n’a rien de française. Oubliez l’interminable séance de constat qui semble vous faire croire que vous allez conserver l’automobile pour les vingt années qui viennent ! Aux Etats Unis, une fois les formalités terminées, vous n’avez plus qu’à aller choisir le véhicule de vos rêves sur un parking, à condition tout de même de respecter la catégorie sélectionnée. Il ne s’agirait pas tout de même d’avoir loué un quatre-quatre et de repartir avec une Ferrari !
C’est là le premier souvenir commun que nous avons avec mes compagnons de voyage lors de l’ouverture de ce qui allait devenir, pour certains, la trilogie américaine. Nous étions six pour ce premier chapitre : Chrystel, Maud, Stéphane, Maïa, Alexandre et moi.
A l’aéroport de Los Angeles, LAX pour les intimes, une navette nous a amené au centre de location où nous avons eu le loisir de choisir notre voiture sept places après qu’un gentil monsieur nous a précisé que nous pouvions repartir avec celle que nous désirions. Rien de plus simple, les clés étaient sur le véhicule. Nous n’avons d’ailleurs jamais réellement compris comment la société de location pouvait savoir que nous avions emprunté celle-là plutôt qu’une autre : très certainement une puce électronique cachée.
Aussi simple au retour. Après trois semaines et demie, nous avons ramené la voiture couverte de poussière rouge caractéristique du Grand Ouest, nous nous sommes garés à l’endroit indiqué et nous avons déchargé nos bagages. Seule formalité : un gentil employé en combinaison verte est venu biper le code-barres sur le pare-brise on nous disant en français dans le texte « Voilà, c’est fini ! ». Et rien de plus. Dans ces conditions, la location de voiture est le moyen le plus aisé pour visiter le pays et vous offre une liberté qui est très certainement synonyme du mot road trip.

Ce dont vous vous rendez compte très vite, c’est que la notion des distances est légèrement différente aux Etats Unis. Là où faire cinq heures de route pour aller de Bordeaux à Paris par exemple vous semble une véritable expédition, il s’agira du minimum requis pour un déplacement dans le Grand Ouest. Très vite, vous ne vous étonnez donc plus de voir une recommandation telle que « ne manquez pas de faire un petit détour d’à peine deux heures pour voir ce joyau de la nature » dans un guide touristique. Vous l’aurez également remarqué on a tendance à parler en temps plutôt d’en distance peut être pour ne pas se décourager d’avance, d’autant que les indications des panneaux en miles cachent la réalité de la mesure en kilomètres. Ajoutez à cela une limitation de vitesse sur les routes parfois incroyablement basse pour un français – et je n’ose penser à un allemand – et vous comprendrez pourquoi il vaut mieux habituer son esprit à raisonner en temps. A propos des limitations, mieux vaut les respecter car il semble que des policiers soient cachés derrière les cactus au milieu de l’infinité du désert juste au cas où il vous viendrait à l’esprit de vous lâcher sur l’accélérateur dans une grande ligne droite ininterrompue sur deux cent kilomètres !