Depuis quelques années, les circuits courts et la valorisation des productions locales marquent indéniablement la cuisine américaine et le bio n’est pas qu’une affaire de mode. Un véritable mouvement a fait son apparition avec pour capitale la ville de Portland en Oregon où la « slow food » fait ainsi de plus en plus d’émules et devient peu à peu la troisième composante incontournable de la restauration outre-atlantique.
Lors de notre deuxième voyage le caractère exclusif de l’image d’Épinal du marché traditionnel à la française avait déjà été sérieusement entamé alors que je visitais Los Angeles avec Chrystel et Arthur. Je vois déjà la tête de mes détracteurs potentiels à l’énoncé de cette vérité à peine croyable : il y a des marchés semblables aux nôtres aux Etats-Unis. Et bien oui, et ces derniers n’ont rien à envier à ceux que nous connaissons. Nous avons par exemple arpenté les allées du Grand Central Market situé dans une grande halle à Downtown L.A. depuis 1917, avec ses grands stands multicolores, ses balances traditionnelles, ses épices et ses produits fait-maison, et celles du Farmer Market qui existe depuis 1934 au centre de Los Angeles. Tout a débuté lorsque des fermiers ont commencé à se rassembler avec leur camion pour vendre leur production. La seule différence avec les marchés que nous connaissons c’est qu’il est possible de se restaurer sur plus place sur de nombreux stands. On pourra également mentionner les magasins Whole Foods Market qui sont des supermarchés bio que nous avons expérimentés pour la première fois à Salt Lake City et que l’on trouve un peu partout.
Photos© – Cédric NAFFRICHOUX
Mais un retour sur Portland illustra encore plus mon propos avec la découverte de la chaine de fast-food Burgerville. Ne cherchez pas ailleurs, il n’en existe pas : les Burgerville sont tous situés dans un rayon de 130 kilomètres autour de la ville. Créé en 1961, le principe est le même que dans tous les établissements du même genre avec des menus Berger et frites. La différence tient dans l’origine des produits utilisés : exclusivement des produits locaux et naturels tels que Tillamook Cheddar, du fromage provenant d’une coopérative locale, ainsi que les fraises et les pommes de terre pour les frites. Tout au long de l’année, des produits de saison sont mis en avant tels que les noisettes pour les milk-shakes ou les citrouilles. La chaîne de production est également écologique : les restaurants utilisent 100% d’énergie éolienne, le bœuf est sans hormones et antibiotiques, les déchets sont compostés et l’huile de friture est transformée en biodiesel. Bref, cessons là la publicité pour Burgerville est retenons ce mouvement de fond qui est en train de marquer profondément la société américaine. Il est d’ailleurs en train de faire son apparition en France à grande échelle.